Au matin le brouillard enveloppe la ville. Les incendies, les obus, les fusillades ont obscurci le ciel. Les Les versaillais lancent l’offensive à l’aube. Ils prennent sans difficultés les portes de Montreuil et de Bagnolet, occupent Charonne et atteignent à 7h la place du Trône, que les gardes nationaux ont été contraints d’abandonner.

Les soldats installent une batterie de six canons à l’entrée du boulevard Voltaire, et bombardent la barricade de la mairie du 11ème, qui répond tant bien que mal avec ses deux pièces. Pendant ce temps les lignards progressent à la Villette, prennent à 10h la barricade la rue Puebla, sont arrêtés rue de crimée par un des canons de la place des fêtes.

À onze heures, quelques membres du conseil de la commune se rencontrent rue Haxo. Ils veulent délibérer. Ranvier, qui vient chercher des hommes en renfort pour défendre les Buttes Chaumont, leur crie « Allez donc vous battre, au lieu de discuter ! ». Chacun part de son côté.

À 16h, les canons des buttes n’ont plus de munitions. Les artilleurs, à leur poste depuis le matin, saisissent leurs chassepots et se replient vers rues Ménadier, Fessart et des Annelets, où résistent encore quelques tirailleurs fédérés. À cinq heures, profitant d’une diversion, les soldats occupent la place des fêtes. Les derniers gardes nationaux se replient vers les buttes chaumont.

Depuis le milieu de l’après-midi les versaillais assiègent 200 gardes nationaux qui se sont retranchés dans le Père-Lachaise. À 18h, un grand nombre de lignards se rassemblent devant le cimetière, et font tirer au canon sur la grande porte, qui cède sans difficultés malgré la barricade qui la renforçait. Les soldats donnent l’assaut. Les fédérés, abrités derrière les tombes, se défendent jusqu’au dernier. On se bât à coups de crosses et de baillonettes.

Combats au cimetière du Père Lachaise, le 27 mai 1871 ( google map )

Ce soir, les derniers communards qui résistent sont encerclés par les soldats de Versailles. Les hommes de Douai et Clinchant sont postés au sud, au niveau du boulevard Richard-Lenoir, et ceux de Vinoy et Ladmirault manoeuvrent au nord. Quelques bastions fédérés tiennent encore dans le XIème et le XXème arrondissement.

La pluie n’a pas cessé. L’incendie des docks de la Villette illumine le ciel parisien. Les bombardements continuent sur Belleville, certains obus atteignent même Bagnolet, et blessent des soldats prussiens. À mairie du XXème, la situation est désespérée. Les derniers membres de la Commune qui se battent encore, Trinquet, Ferré, Varlin, Ranvier et Jourde, assistent impuissants au désastre. Les blessés affluent et il n’y a ni médecin, ni matelas, ni couvertures. Le sifflement des obus rythme les dernières heures de la ville insurgée.

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© illustrations: Bibliothèque historique de la ville de Paris, éditions Dittmar, Musée Carnavalet.

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