Le 19 juillet 1870 le 2nd empire déclare la guerre à la Prusse. Suite à la défaite de Sedan, Napoléon III est fait prisonnier : c’est la fin de 20 ans d’Empire.

Cet Empire s’était construit sur le coup d’état du 2 décembre 1851 contre la Seconde République de 1848. Les républicains, qui organisent la résistance à Paris et en province, sont durement réprimés : 127 morts, 26 884 arrestations, et 21 000 condamnations, dont 9 530 déportations en Algérie, et 239 autres au bagne de Cayenne.

Un an plus tard, le 2 décembre 1852, Louis-Napoléon devient “l’Empereur des français”. Rétablissant le suffrage universel, le régime impérial s’appuie sur les notables pour tenir la province. Aristocrates ou bourgeois, proches du clergé, ils soutiennent la censure et la répression anti-républicaine qui caractérise le régime.

Pourtant tout au long du rêgne de Napoléon III, l’opposition socialiste se structure. La création de l’Association Internationale des Travailleurs en 1864, qui se fixe comme objectif “l’émancipation des travailleurs par les travailleurs eux-mêmes”, y contribue.

 

La libéralisation du régime impérial, et en particulier la loi du 6 juin 1868 autorisant les réunions publiques, permet aux militants républicains et ouvriers de se rencontrer, de se lier, d’élaborer des bases communes. De nombreux clubs voient le jour, où l’on affirme son opposition à l’Empire. Les grèves se multiplient au cours de l’année 1869, comme à Ricamarie où il y a 13 morts, tandis qu’aux élections générales, l’opposition socialiste enregistre un score sans précédent.

Proclamation de la République

Le 4 septembre, à la nouvelle de la défaite et de l’arrivée des prussiens, les parisiens investissent le palais Bourbon et poussent l’opposition à déclarer la république. Le Général Trochu est nommé a la tête du gouvernement qui tiendra le siège de Paris. Cette république improvisée par les anciens de l’Empire se révèle incapable de gérer le siège.

La vie sous le siège.

Le peuple parisien vit le siège dans des conditions extrêmement rudes. La mauvaise gestion du rationnement alimentaire force les plus pauvres à manger du rat, pendant que les bourgeois se payent les animaux du jardin zoologique.

Boucherie canine et féline durant le siège

On organise la défense de Paris : dès septembre des Comités de vigilance Républicains sont créés dans chaque quartier. Tous les hommes valides tiennent des quarts de veille jour et nuit pendant que les femmes organisent les soins et la gestion de la nourriture. Ces comités se regroupent dans le Comité Central. Le Comité, rejoint par les Internationaux, organise la résistance et alimente l’agitation, notamment par le biais des fameuses affiches rouges.

Deux tentatives révolutionnaires tentent de renverser le gouvernement de défense nationale.
Une première le 31 Octobre, à la suite de la reddition du maréchal Bazaine à Metz, lors de laquelle le peuple prend l’hôtel de ville pour renverser le gouvernement désormais appelé de « trahison nationale ». Les insurgés sont encerclés par les gardes mobiles, qui mettent fin aux protestations populaires.

Attaque de l’Hotel de Ville par Les insurgés, 22 janvier publié dans le Illustrated London News

Le 22 janvier, une deuxième tentative éclate, cette fois menée par le 66e bataillon de la Garde Nationale. Le régiment s’oppose au 106e bataillon, essentiellement composé de bourgeois de l’ouest parisien, qui n’hésiteront pas à déclencher une fusillade pour empêcher l’insurrection. Favre déclara alors que le gouvernement ne livrerait jamais Paris. Une semaine après, la capitulation est signée.

La République, couteau sous la gorge signe l’Armistice.

L’armistice est signé le 28 janvier, et prévoit la cession de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine, paiement de 5 milliards d’indemnités de guerre et occupation du territoire jusqu’au paiement des cinq milliards. Pour garantir ses gages, Bismarck demande de nouvelles élections.

Elles donneront une écrasante majorité aux monarchistes, élus de la province. Adolphe Thiers, le tortionnaire de l’insurrection des canuts en 1834, est nommé chef du pouvoir exécutif.

Le premier décret de l’Assemblée Nationale exige des parisiens le paiement immédiat des loyers et des dettes, suspendu pendant le siège. Cette dernière mesure renforce l’élan révolutionnaire déjà porté par le Comité Central de La Garde Nationale.

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© illustrations: Bibliothèque historique de la ville de Paris, éditions Dittmar, Musée d’Art et d’Histoire de Seine St Denis.

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